Les Jardins de Cocagne et la souveraineté alimentaire.
Dans le monde, 700 millions de paysans travaillent toujours à la main, 700 millions ont accès à la
traction animale et seulement 2,15% ou 30 millions des agriculteurs sont motorisés.
Le rapport de productivité entre les agricultures les moins et les plus productives du monde, qui était de 1 pour 10 en 1900, est
aujourd’hui de 1 pour 1000.
Quoi de commun entre le paysan malien qui produit 10 quintaux de céréales par an, et
le paysan suisse qui peut en produire 10'000 ?
Pourtant, avec la mondialisation des échanges sous la férule de
l’OMC, s’organise à marche forcée et violente, la « libre » concurrence de toutes les agricultures.
La
conséquence de cette politique est une spécialisation de la production à l’échelle de la planète au bénéfice des régions qui peuvent exporter le moins cher, le plus souvent à coup de
subventions
directes et indirectes.
Elle met en pièces les volontés de souveraineté alimentaire des autres régions, détruit l’équilibre villecampagne en poussant à l’exode vers des bidonvilles sans emploi de
larges portions de la paysannerie.
Comment éviter des famines, des guerres et la destruction des écosystèmes dans
le monde entier sans le développement des agricultures régionales avec ces paysans ?
La lutte pour « la
souveraineté alimentaire » comprend le droit de se nourrir comme un droit
fondamental de l’homme et d’une région
d’organiser son agriculture selon ses propres besoins.
Les crises successives de l’agriculture moderne des pays
du Nord, la disparition de ses paysans et
l’augmentation permanente du nombre de paysans pauvres dans les pays du
Sud montrent que tout projet basé uniquement sur le progrès technique et le profit économique mais dépourvu de projet politique, social et culturel, est voué à l’échec.
Le modèle de production industrielle est celui du passé alors que le modèle porteur d’avenir est la
production paysanne durable.
Dans les pays du Sud,
cette lutte pour la souveraineté alimentaire est devenue une question de survie pour tous les paysans. Chez nous, il s’agit de redonner à notre agriculture son projet initial de produire des
aliments de base pour les habitants de la région et de respecter le droit des paysans des autres régions à vivre de leur agriculture.
La coopérative de producteurs et de consommateurs de légumes biologiques les « Jardins de
Cocagne » pratiquent depuis plus de vingt ans une agriculture contractuelle de proximité entre quatre jardiniers et 400 familles membres. Elle exprime sa solidarité avec les
paysans du Sud en soutenant depuis plus de 15 ans le renforcement des organisations paysannes dans la région des trois frontières entre le Mali, le Sénégal et la Mauritanie. Les « Jardins de
Cocagne » sont actifs dans différentes organisations paysannes (Union des Producteurs Suisses, Via Campesina) qui développent un nouveau regard politique et social sur la production et
l’échange alimentaire dans le Nord et dans le Sud.
JC 2002
WIKIPEDIA :
La souveraineté alimentaire est un concept développé et présenté pour la première fois par Via Campesina lors du Sommet de
l'alimentation organisé par la FAO à Rome en 1996. Il a depuis été repris et précisé par les altermondialistes lors des différents Forums Sociaux Mondiaux.
La souveraineté alimentaire est présentée comme un droit
international qui laisse la possibilité aux pays ou aux groupes de pays de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs
populations sans qu'elles puissent avoir un impact négatif sur les populations d'autres pays. La souveraineté alimentaire est donc une rupture par rapport à l'organisation actuelle des marchés
agricoles mise en œuvre par l'OMC. (...)
La souveraineté alimentaire privilégie des techniques agricoles qui favorisent l'autonomie des paysans. Elle est donc favorable à l'agriculture biologique et à l'agriculture paysanne. Elle refuse l'utilisation des plantes transgéniques en
agriculture.
Il existe en France "Le réseau
Cocagne"qui n'a rien à voir avec la coop. suisse, même s'ils partagent des buts communs. C'est une réseau
associatif national , né dans les années 90, regroupant des jardins de réinsertion sociale avec pour devise : "Vous avez besoin de légume, ils ont besoin de travailler. Ensemble, cultivons la
solidarité!"
Mais ces deux expériences agricoles et solidaires devraient encourager leur essaimage, au même titre que les AMAP,
Scoop diverses et autres jardins collectifs qui assurent la souveraineté alimentaire.