Lieu d'écoute, de parole et de débat pour tous les Ventenacois et Ventenacoises, créé lors des Elections Municipales de mars 2008 et qui, dans cette mouvance-là, reste un lieu de réflexion et de vigilance.
En cette période où nous vivons dans l'incertitude, où notre Communauté de Communes est devenue
temporaire...
En cette période de Noël, métaphore de la Paix, de l'amour et du partage, il n'est pas inutile de revoir la définition du mot CONSENSUS:
CON-SENSUS en latin : recherche du sens (sensus) ensemble (cum), ce qui nous éloigne de ce qu'on appelle aujourd'hui le "consensus mou", c'est-à-dire "être d'accord" par paresse, indifférence et par peur, ce qui nous caractérise dans le Ginestacois.
Le consensus, qui présuppose un conflit (et il en faut dans la vie pour avancer), est un processus participatif, par lequel
tous sont invités à construire ensemble une solution. C'est discuter , mais aussi prendre des décisions ensemble. Le processus est évolutif et peut donc être lent puisqu'il faut arriver à ce que
chacun se sente respecté dans ce qu'il énonce et désire.
Comme toute dynamique participative, le consensus demande une
réelle volonté politique pour le convoquer.
Nous sommes donc, dans nos démocraties occidentales représentatives, au stade du consensus mou. Une minorité d'élus décident
pour tous et c'est donc sans débat que se décident les grands choix économiques, sociaux, culturels, écologiques et politiques des pays. Notre participation (si, du moins, nous n'avons pas été
manipulés) s'arrête au bulletin de vote qui tombe dans l'urne! Basta. Une démocratie qui s'arrête là n'en est plus!
DANGER car nous ne sommes pas non plus autorisés à limiter le pouvoir de ceux qui ont décidé à notre place et l'Histoire montre que, très souvent, ce groupe minoritaire devient, avec le temps, hégémonique et se livre à des déviances telles que népotisme, renvoi d'ascenseur, clientélisme et autres magouilles politico-financières. Car il s'agit de préserver sa place au soleil , d'aller toujours plus haut en ménageant ses alliances et en confinant ses concitoyens dans l'ignorance des grands enjeux.
C'est la machine capitaliste qui veut ça et voilà que nos élus de
longue date en sont les premiers prisonniers, sans même s'en rendre compte, sauf ennuis de santé, souvent révélateurs.
Dans cette logique capitaliste, le "consensus mou" est de rigueur pour "lisser" tous les angles de la pyramide. C'est
"l'ensemble des tabous qui protège et maintient le satu quo".
Quand on entend, dans nos villages : "mais on ne peut quand même rien faire", "c'est comme ça, on n'y peut rien", on a la forme la plus courante du consensus mou. Car la remise en question des Politiques est tabou, au nom d'un paternalisme insidieux, encore à l'oeuvre ici et là.
Ce paternalisme permet :
*de ne pas informer correctement le citoyen, ni a fortiori de le consulter! On le noie très souvent dans le jargon et les chiffres. Et vogue la galère! "J'ai été élu, je fais ce que je veux, JE suis en démocratie" :-) ;
*de "casser" toute velléité de rébellion en la taxant de débile (voir commentaires oiseux de Mr Fabre dans son dernier BIM à propos des blogs citoyens) ;
*de continuer à jouer avec les copains et copines dans la Cour des Grands;
*de décider ainsi de l'avenir d'un territoire, en fonction des mêmes copains;
*de maintenir les administrés à leur stade d'administrés! "Circulez, y'a rien à voir!"
Alors, la démocratie participative... on en est loin! Pensez: ces citoyens sont
tellement bêtes et dépendants et les autres, ceux qui se rebiffent, tellement bêtes et méchants...Ils n'y connaissent rien! C'est que c'est difficile la Politique...
Justement: partageons-la!
"Le défi politique majeur aujourd'hui consiste à créer des communautés politiques capables de
rompre ce cercle vicieux de d'initier des nouvelles formes du faire et vivre ensemble. Grâce, entre autres, à l'intelligence et la puissance collectives qui permettent de déjouer les
manipulations et de refuser le consensus mou."
Voilà notre souhait pour Noël: une communauté citoyenne qui refuse la hiérarchie oligarchique, la langue de bois et la
servitude volontaire! On peut rêver, non?
On nous annonce des réunions publiques. C'est l'occasion d'en pressentir l'avènement ou
l'improbabilité...
DEMAIN 18h, Salle des Fêtes à Bize: pour tout savoir sur la
réforme territoriale!
Article qui s'inspire du dossier "le consensus, source d'émancipation" de la très bonne revue Silence, n°373, novembre 2009.